Depuis la réforme des retraites, le gouvernement avait prévu une augmentation de la pension de retraite. Cette initiative inclut la plupart des pensions même celles qui sont petites.
La revalorisation de la pension de retraite
Pour la traditionnelle hausse des pensions du régime général de début d’année, l’Assurance retraite a retenu un taux de 5,3 % pour janvier 2024. En effet, c’est légèrement supérieur à celui annoncé en septembre 2023 (5,2 %) par Bercy, dans la mesure où l’inflation a elle-même dépassé les prévisions des économistes.
Conformément à la formule réglementaire, ce taux a été déterminé suivant l’inflation des 12 derniers mois. Cette revalorisation de la retraite est fixée à 4,8 % en octobre 2023. Effectivement, un an plus tôt, les retraités avaient dû se contenter d’une augmentation de 0,8 % de leur pension de base malgré une inflation de 4 % au cours du troisième trimestre 2022. La majoration de 5,3 % s’appliquera aux affiliés de plusieurs régimes :
- les ex-salariés du secteur agricole (MSA)
- les anciens salariés de la fonction publique d’État (SRE)
- les ex-agents de la fonction publique territoriale – FPT – et hospitalière – FH (CNAVPL)
- les régimes spéciaux : la SNCF (CPRPSNCF), de la RATP (CRPRATP), des industries du gaz et de l’électricité (CNIEG), des notaires (CRPCEN) ou de l’Opéra de Paris (CROPERA)
En fonction du calendrier des paiements, cette augmentation pourrait n’être visible qu’au début du mois de février, le versement de la pension du régime général étant effectué le 9 du mois suivant, à terme échu, sauf pour la caisse régionale d’Alsace-Moselle.
Augmentation non généralisée et au taux variable de la pension complémentaire
Les retraites complémentaires pour les 13 millions de retraités du secteur privé bénéficie aussi de cette revalorisation de retraite. Effectivement, il y a une révision à la hausse de 4,9 % a été appliquée en novembre 2023, comme chaque année. Ils devront patienter jusqu’à l’automne 2024 pour un nouvel ajustement, en fonction de l’évolution des salaires et du niveau d’inflation. En revanche, dans d’autres régimes, la complémentaire va progresser à compter du 1ᵉʳ janvier 2024. Dans les mêmes proportions que la pension de base (+5,3 %) pour les anciens contractuels de la fonction publique (Ircantec) et ceux relevant de la Rafp. Les ex-professionnels libéraux affiliés à la Cipav bénéficient aussi d’une complémentaire plus importante, mais à un taux inférieur (+4,3 %).
Progression de 5,3 % de l’allocation « minimum vieillesse »
Comme expliqué dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, le « minimum vieillesse » doit faire l’objet d’une correction en raison de la forte inflation enregistrée en 2023. Mais alors que celle du RSA et des autres prestations sociales n’entrera en vigueur qu’au 1er avril, celle de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) s’applique depuis le 1er janvier. Avec la pension de réversion, cette allocation réservée aux seniors gagne 5,3 %. En conséquence, son plafond mensuel passe de 953,45 euros à environ 1 004 euros pour une personne seule, et de 1 480,24 euros à 1 559 euros au maximum pour un couple.
Revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu
Ces différentes sommes étant imposables. Il est utile de connaître le barème de l’impôt sur le revenu applicable. Cela suivant l’inflation estimée au moment de la soumission du projet de loi de finances. Ainsi, les seuils dudit barème progressent de 4,8 % pour 2024, à 11 294 euros par exemple pour la première tranche imposée à 0 % (au lieu de 10 777 euros). Pour une pension de 1 400 euros net par mois, la hausse mensuelle sera de plus de 50 euros.
D’ailleurs, c’est un chiffre qui dépasse 60 euros pour un retraité gagnant 2 300 euros. Le gain atteint 74,20 euros pour une pension de 2 800 euros. Les cotisations pour la retraite de base étant limitées à un plafond mensuel de la Sécurité sociale (PASS à 3 864 euros en 2024), pour les retraites supérieures – comme notre exemple de 4 800 euros -, plus le revenu augmente, moins la part de la retraite de base dans la pension totale est importante. Pour ces profils, le gain lié à la revalorisation de la retraite de base est donc, proportionnellement, moindre.
Contrairement aux salariés, les fonctionnaires ont déjà pu profiter de la revalorisation de leur retraite de base. Les fonctionnaires d’État ont perçu leur pension de janvier, le 30 janvier. Pour les fonctionnaires hospitaliers et territoriaux, le 29 janvier. Autre différence avec les salariés, leur pension est principalement composée de la retraite de base. Logiquement, plus elle est élevée, plus ils ont bénéficié d’une hausse importante. Ainsi pour une pension de 1 400 euros net par mois, le gain mensuel s’élève à 72,72 euros. Il atteint 119,46 euros pour une retraite de 2 300 euros. Ce sera 145,43 euros pour un ancien fonctionnaire gagnant 2 800 euros.